J'ai eu une semaine chargée, je prépare un guide Michelin des hostos locaux.
Une question vous brûle les lèvres: mais comment se fesse donc?
Ma réponse est simple: pas la moindre idée.
Comme le résume bien mon pote Cagoule, "Arak + choc crânien = Alzheimer".
Plafond bas, chute ou baston? J'aurais pu me faire kidnapper par des aliens que ça aurait pas fait de différence.

Ne ressentant aucune douleur anale, c'est peut-être pas eux. J'ai probablement évité la sonde.
Récapitulatif:
Mon premier souvenir, il y a trois jours, est dans la "très sale" de bain, à tenter de gérer une plaie frontale en bon père de famille.
Le lieu aidant, je n'exclue pas non plus un coup en traître du chauffe-eau, responsable de tous mes maux.


Bref, ça voulait pas s'arrêter de pisser le sang. J'ai donc eu la bonne idée d'aller me faire recoudre au kebab hôpital le plus proche.

Bien mal m'en a pris.
Outre que tout le monde fumait dans l'établissement, ça paraissait aussi engageant qu'un asile roumain sous Ceausescu.
J'étais pourtant content en sortant: 5 merveilleux points de suture, et une bonne tête de pirate.
Heureusement, j'ai montré une photo du chef d'oeuvre via webcam à la délicieuse Tilou, carabine de coeur et de profession, qui m'a apporté un diagnostique formel: c'était un vrai travail de porc, d'arabe, pardon, d'amateur. Des points joliment foirés selon ses standards, puis paraît qu'il vaut mieux utiliser autre chose que de la corde pour suturer.

Qui plus est, ils ont désinfecté avec un mélange sauce blanche/harissa, j'offrais déjà la barbaque, manquait plus que la salade et les oignons.
Moyennant 100 dollars et 30 minutes d'opération, j'ai donc eu la joie de troquer mes 5 cordages contre 6 points de suture: 5 sous-cutanés, plus un externe, et des Steristrips en bonus. Le prix à payer pour espérer retrouver un visage de jeune aviné premier. Le tout sous anesthésie locale, s'il vous plaît.
Un grand merci à Tilou: je retoucherai peut-être un jour une femme sans avoir à la payer. Et j'aurai une bonne histoire à conter au coin du feu lors des longues soirées d'hiver: j'ai fait la guerre d'Arak, et j'ai pris cher.
Publié par Bashar Al Mossad à 20:36:33 dans Weapons of Damas Destruction | Commentaires (11) | Permaliens
Je ne surprendrai personne en affirmant que la langue arabe est autrement plus difficile à apprendre que l'esperanto.
Pour une oreille non habituée, certaines sonorités sont tellement semblables qu'on ne sait jamais si c'est du lard ou du cochon.
Pour dire "petit" ou "jus", c'est kif-kif bourricot. M'enfin l'erreur ne porte pas vraiment à conséquence.
Ca se corse avec certaines formules: suffit de foirer une lettre, et on passe de "Je voudrais un verre d'arak, s'il vous plaît" à "Je voudrais la chatte à ta soeur, s'il vous plaît". Voyez comme ça peut être gênant, surtout qu'ici on rigole pas trop avec la smala.
De plus, mes profs parlent anglais, ce qui demande encore un supplément de concentration, tout en suggérant des associations d'idées plus que fatwables. En voulant dire "Grâce à Dieu" ou "Dieu est grand", y'a moyen de faire de belles conneries.
Voyez plutôt:

"Al Hamdulillah" n'est pas une marque de jambon
De même:

"Allahu Akbar" n'est pas une chaîne de bistrots
Avouez que le touriste anglophone pourrait s'y perdre...
Publié par Bashar Al Mossad à 17:44:53 dans Weapons of Damas Destruction | Commentaires (8) | Permaliens
Un attentat. Rien de moins. Dans ma salle de bain qui plus est.
J'avais déjà évoqué The Mother of All Poêles, weapon of mass destruction s'il en est.

Quelle ne fut pas ma surprise en arrivant dans ce qui me sert de salle de bain hier: le thermomètre indiquait fièrement un bon 40°!
Pas dupe pour deux sous, je lançai un "Tu bluffes, Martoni" au chauffe-eau.
Mais derrière sa petite fenêtre se profilait pourtant une fournaise que n'aurait pas renié Belzébuth. Trop heureux, je pensais donc pouvoir me décongeler à peu de frais.
Que nenni. Erreur de débutant.

Alors que je me battais vaillamment avec le tuyau d'arrosage pour me débarrasser de cette constante odeur de falafel, j'en étais au stade du shampoing, j'entends soudain comme un gros craquement.

Pas de doute: la vitre du chauffe-eau venait de se fissurer.
Médusé, j'observai la progression d'une craquelure de mauvais aloi, et eus le temps de constater que du mazout gouttait sous cette infernale machine.
Deux secondes plus tard, le truc a explosé.

Le verre de la petite fenêtre a tout de même été projeté à l'incroyable distance d'un mètre. Violence, violence. J'avoue avoir flippé mon string.
Après avoir recouvert mes esprits, je cherchai une explication rationnelle: le chauffe-eau lit ce blog, et il a voulu se venger.
Bien entendu, il s'agit d'un mensonge éhonté de leur part.
Publié par Bashar Al Mossad à 14:38:42 dans Weapons of Damas Destruction | Commentaires (17) | Permaliens
Voici des nouvelles fraîches, comme les nuits, de Syrie.
Tout d'abord, le chauffage : on PEUT se chauffer, mais c'est à ses risques et périls. Il serait fort ambitieux de compter sur l'électricité, les coupures de courant étant aussi fréquentes et régulières que les conneries dans la bouche de Ségolène Royal.
Le Syrien compte donc sur le mazout : les pièces sont toutes munies de poêles, sans doute récupérés lors de fouilles archéologiques à Palmyre.

Le principe est simple : du mazout est censé goutter du petit bordel en fer pour se consumer dans le gros bordel en fonte, si j'en crois le guide d'utilisation du modèle équipant ma chambre.

L'odeur est alléchante, ça fleure bon le bitume chaud de nos aires d'autoroutes lors des retours de vacances estivales.
Malheureusement, il suffit d'un petit coup de vent pour contrarier l'évacuation de ces belles effluves, et enfumer instantanément la pièce.
Ce qui n'a pas manqué d'arriver ce matin-même dans la salle de cours, que nous avons dû quitter en catastrophe.

Une séance de travail normale.
Je soupçonne d'ailleurs les poêles syriens d'être à l'origine d'évènements autrement plus dramatiques. Faut voir la taille de certains de ces machins.

The Mother Of All Poêles
Imaginez le pouvoir de nuisance, le débit de fumée et les dégâts que peut occasionner un truc pareil. Je m'en voudrais de donner dans la spéculation, mais les Ricains ont envahi l'Irak pour moins que ça.

Il y a bien une théorie du complot
Trêve de digressions.
L'approvisionnement en mazout est assuré par des vendeurs ambulants, qui tirent leurs petites carrioles dans les rues étriquées de la vieille ville, hurlant à qui mieux mieux leur disposition au petit commerce.
Au début, ça m'a fait penser au fameux « Bring out your deaaaaaads ! » des Monthy Python , ce qui n'est pas si franchement invraisemblable, vu le nombre d'intoxications au monoxyde de carbone qu'ils doivent se manger.
J'ai pas les chiffres, mais ça doit bien valoir son petit Gaza chaque semaine.

« Tu me remets un litre de mazout en échange du vieux ? »
Je reste donc fidèle à mes chaussettes, pulls et autres couettes pour affronter les morsures de la nuit. Il me manque juste quelques bons collants des familles pour couvrir les gambettes.

N'hésitez pas à m'envoyer vos dons. Vous pouvez m'écrire à cette adresse :

Merci de bien mettre le numéro de la rue, sinon ça met un peu de temps à arriver
Dans un prochain post, je tenterai d'expliquer comment niquer la censure gouvernementale: apparemment, c'est rien moins qu'un sport national.
Publié par Bashar Al Mossad à 16:58:00 dans Weapons of Damas Destruction | Commentaires (27) | Permaliens
Bon ben finalement j'ai bluffé sur toute la ligne, je me résous à créer un blogue, halte à la parano.
Et je fais ma grosse feignasse en reproduisant le premier mail collectif.


Publié par Bashar Al Mossad à 15:23:55 dans Weapons of Damas Destruction | Commentaires (12) | Permaliens
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